Médecine traditionnelle chinoise
Fondée sur une vision du monde et du corps humain très particulière, ou l’énergie vitale, le « ki », est l’élément fondamental, la médecine traditionnelle chinoise diffère radicalement de la médecine occidentale. Pour prévenir et soigner les problèmes de santé, ses praticiens font appel à des techniques ou des disciplines aussi diverses que la pharmacopée chinoise, la diététique, l’acupuncture, le tuina ou encore des exercices énergétiques comme le qi gong.
Histoire de la médecine traditionnelle chinoise (MTC)
La MTC apparaît au début de la civilisation de l’empire du Milieu.
C’est avant tout un système pratique issu de l’observation et appliqué au maintien ou à la recherche de la santé et du bien-être. La MTC telle que nous la connaissons aujourd’hui est pratiquée régulièrement depuis la dynastie des zhou (1121 à 222 avant J.-C.) ; les traités les plus anciens qui nous soient parvenus remontent d’ailleurs au IIe siècle avant J.-C., sous la dynastie des Han antérieurs aux occidentaux (206 avant J.-C.à 8 après).
Ces mêmes traités prétendent que la MTC remonterait au début du troisième millénaire avant notre ère, aux temps des « Empereurs mythiques » Fuxi (Fou si), shennong (Chenn Nong), et Huangdi (Houang Ti). Ceci n’est cependant pas corroboré par les découvertes archéologiques.
Tout en conservant les lois posées à son origine, la MTC évolue, se structure, se complète au fil des siècles. Elle a particulièrement subi l’influence du taoïsme (Doctrine issue de la philosophie de Laozi, ou Lao-tseu, Ve siècle avant notre ère, combinée à des traditions populaires.), du confucianisme (Philosophie humaniste et tolérante professée par Kongfuzi, Confucius 551-479 av. J.-C. Elle prône à la fois, le respect des traditions et de l’ordre établi, défend des droits des faibles et enseigne leurs devoirs aux puissants) et, dans une moindre mesure du bouddhisme. Cela resserre les liens entre la MTC et la philosophie.
La première faculté de MTC ouvre à Pékin en 1070. La MTC connaît un déclin avec la colonisation de la chine, puis la proclamation de la République. Elle est cependant rétablie en 1954 par le président Mao Zedong (Mao Tsédoung), confronté aux besoins urgents de soins.
Elle est dès lors enseignée aux médecins classiques et la médecine classique l’est aux médecins traditionnels. En plus, des paysans, des ouvriers, des mères de famille sont instruits aux rudiments de l’acupuncture. Ce sont les « médecins aux pieds nus ». Ils interviennent rapidement en première ligne ».
En Europe, les jésuites introduisent l’acupuncture à partir de la fin du XVIe siècle : d’abord en France, puis au Portugal, aux Pays-Bas et en Angleterre.
L’acupuncture y est surtout employée dans les campagnes. Au début du XIXe siècle, le docteur Louis Berlioz (père du compositeur) qui exerce dans l’Isère soutient une thèse sur l’électro-acupuncture.
Au XXe siècle, il faut citer les noms de George Soulié de Morant (Consul de France à Shanghai, il rapporte et traduit de nombreux textes médicaux chinois.), puis ceux des docteurs Ferreyrolles et Roger de la Fuÿe.
Dans les années 1970, la réalisation d’opérations et d’accouchements sous analgésie par acupuncture provoque un engouement pour cette méthode.
Concepts
La langue et la pensée chinoise procèdent par analogies. Cela structure fortement la MTC.
Celle-ci postule ainsi que la vie est énergie, Qi (tchi) et Ki en Japonais. Pour elle, l’univers, les êtres vivants et l’Homme sont formés d’énergies en perpétuels échanges et interactions les unes avec les autres. Tout est énergie, de la matière la plus dense et inerte à la pensée la plus subtile et la plus impalpable.
Les mouvements harmonieux des énergies sont régis par l’alternance des oppositions complémentaires, yin et yang. C’est la loi unique de l’univers, le Dao (Tao).
Yin et yang sont des concepts intraduisibles en français. Yang désigne la « lumière solaire » et yin la « non lumière ».
Yin et yang sont des concepts relatifs. Ils sont équivalents, sans rapport hiérarchique. Ils n’existent pas l’un sans l’autre mais se transforment l’un en l’autre.
Opposés en polarité à un moment donné, ils sont avant tout complémentaires : yin et yang n’ont de sens que l’un par rapport à l’autre. Comme le mâle n’existe que par rapport à la femelle et réciproquement. Yin et yang ordonnent le temps et l’espace.
Pour la MTC l’Homme est le fruit du Ciel et de la Terre, le produit de leurs échanges. Il est dit « couvé par le Ciel » et « porté par la Terre ». A l’état naturel, il jouit de la santé tout comme l’Univers. Pour conserver ce don, il doit être en harmonie avec les énergies du Ciel et de la Terre. Ainsi, la santé est la circulation libre et conforme des énergies. Elle est silencieuse, elle ne se manifeste pas.
Si la circulation de l’énergie se dérègle, se bloque, des signes apparaissent alors. C’est la maladie.
Vivre en bonne santé implique connaissance de soi, harmonie avec l’Univers et les autres, respect de la loi du yin et du yang, du Dao.
L’Homme est conçu comme un univers miniature, « microcosme », à l’image de l’univers « macrocosme ».
Très schématiquement l’ordre de l’Univers est décrit par la MTC à travers deux systèmes :
• Celui des « cinq éléments » (bois, feu, terre, métal et eau) ; ce système est en relation avec les viscères du corps, Organes (foie, cœur, rate, poumons, reins) et Entrailles (Vésicule biliaire, intestin grêle, estomac, gros intestin et vessie)
• Celui des « Six énergies » qui circulent vers les viscères en parcourant les méridiens.
Principe des méridiens
Les méridiens n’existent pas. Cependant tout se passe comme s’ils existaient. Ce sont des trajets virtuels qui relient des points, tous liés à une fonction particulière.
Il y a douze méridiens correspondants aux six énergies, dotées chacune d’une polarité yang et d’une polarité yin. Les méridiens montent des orteils vers les doigts en passant par la poitrine ; les méridiens yang descendent, eux, du bout des doigts vers les orteils en passant par la tête.
Il existe tout un réseau de méridiens secondaires connectés sur les méridiens principaux. Plus huit méridiens dits « curieux » (car leur activité est sans rapport avec les cycles des cinq éléments et des six énergies). Parmi ces derniers, deux sont médians et portent des points : sur la ligne médiane antérieure, le Renmai (Jenn Mo) ou « vaisseau de la conception » et sur la ligne médiane postérieure, le Dumai (Tou Mo) ou « vaisseau gouverneur ».
La thérapeutique chinoise
Elle comporte cinq disciplines principales : la pharmacopée traditionnelle qui emploie près de 6000 substances médicinales dont 300 d’usage courant essentiellement des plantes (Datura, Ginseng, pavot, ail, angélique), l’acupuncture, le massage tuina (le praticien utilise ses doigts pour presser, palper ou effleurer un certain nombre de zones afin de rééquilibrer le flux du qi.), la diététique et les exercices énergétiques (qi gong, ou taï chi chuan).

